LE PROCÈS DE JEANNE D’ARC – REDIF.
Invité: Jean Favier.
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C’est l’un des plus célèbres marronniers de 2000 ans d’Histoire!
Une fois par an, voire deux fois, à pareille époque, l’équipe de Patrice Gélinet consacre un épisode à la célèbre pucelle, l’un des mythes fondateurs de la nation française.
Pour compléter sa culture, deux épisodes ci-dessous à son sujet sont disponibles pour écoute:
- VÉRITÉS ET LÉGENDES : JEANNE D’ARC
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- LA VÉRITÉ SUR JEANNE D’ARC ?
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Voir aussi les épisodes:
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about 2 months ago
Faut-il réhabiliter Pierre Cauchon?
De l’évêque de Beauvais, l’Histoire a retenu le « salaud », le « collabo » au service du tout jeune Edouard III et surtout du régent Bedford. C’est l’Histoire vue au travers du prisme des mentalités et des moeurs des XIXe, XXe et XXIe siècles. C’est juger le juge avec à l’aune du patriotisme, notion inconnue au XVe siècle. C’est faire fi des règles de droit, des canons et Décrets en vigueur à l’époque. Qu’ils soient très contestables vu d’aujourd’hui n’enlève rien à leur valeur au moment du Procès de Condamnation. Comment seront considérées nos lois dans six siècles?
Je ne partage ni l’enthousiasme ni la vénalité de Pierre Cauchon.
Mais je lui reconnais un réel talent de négociateur entre l’Université, le parti bourguignon et le parti anglais. Je lui reconnais une habile conduite du Procès de Rouen et une parfaite connaissance des « ficelles » que les Décrets approuvaient. Comme aujourd’hui, un avocat, un juge, un procureur, tirent du Code Pénal et de la jurisprudence tous les arguments légaux dont peuvent se targuer la défense comme l’accusation. Il est certes bien regrettable que Jeanne n’ait pas eu de défenseur expert. Mais … la procédure légale en la matière de ce procès d’Eglise en soupçon d’hérésie, ne l’imposait pas. Au-delà: qui aurait pu parler au nom de la Pucelle? Personne sans doute. Son argumentation basée sur sa mission divine, ses voix et apparitions, ne pouvait être que strictement personnelle.
Cauchon fut un homme de talent doublé d’un redoutable expert de ces questions. Il aurait pu s’abstenir de tant de zèle. Un autre aurait tenu le rôle. Il s’agit d’un procès politique :le premier visé est Charles VII, d’un jugement destiné à « liquider » physiquement celle que les Anglais n’osaient pas fourrer dans un sac et jeter dans la Tamise par exemple (ils ne prendront pas tant de gants pour « expédier » le Berger de Gévaudan, successeur de Jeanne), un procès, aussi, pour discréditer le clergé « français ».Le tout très habilement déguisé en procès d’Eglise : Il y a du Machiavel chez Cauchon.
Si d’aventure, il avait servi la cause de Charles VII en faisant condamner une Pucelle ennemie du royaume, il serait aujourd’hui encensé.
Il a servi « une France », celle de la double couronne d’Edouard III. En 1431, bien habile celui qui aurait pu dire quel parti l’emporterait au final. Cauchon a choisi le mauvais camp et l’Histoire ne lui a pas pardonné. Cela n’enlève rien au talent de l’homme. Ladite Histoire est pavée de « salauds magnifiques ». A défaut de l’approuver, reconnaissons son habileté, sa maîtrise et son expertise.
Alain VAUGE, auteur de « J’ai nom Jeanne la Pucelle, Journal d’une courte vie » (Editions Bénévent)